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Le trafic d’enfants au Népal (partie 2)

Le trafic d’enfants au Népal (partie 2)

Dans notre précédent article consacré au trafic d’enfants, nous vous exposions le problème et ses causes. Aujourd’hui, nous allons tenter d’y voir plus clair sur les conséquences de ce trafic, les actions prises par le pays et les recommandations suggérées.

Petit rappel…

Troisième industrie criminelle au monde, le trafic d’enfants doit souvent être compris comme la conséquence de facteurs sociaux, économiques, culturels et familiaux. À l’heure actuelle, on compte 250 millions enfants victimes de ces traitements, dont 60% proviennent d’Asie.

De son côté, le Népal est considéré comme un pays d’origine et de transit des enfants exploités. Sur place, 2,6 millions enfants travaillent pour y survivre. Les principales activités sont alors la prostitution, la mendicité, le travail en usine ou dans les mines.

 

Les conséquences du trafic d’enfants

Les effets du trafic d’enfants sont dévastateurs pour le pays et ses habitants. Bien que les conséquences dépendent aussi du cas par cas, certaines peuvent être mises en avant comme impactant négativement la population et le futur du Népal.

Les enfants victimes de ces pratiques sont souvent confrontés à des abus ou à des conditions très difficiles pouvant les blesser gravement voire les tuer. Ces enfants manquent cruellement d’accès aux soins ainsi qu’à l’éducation et sont très susceptibles d’être victimes de violence physique et mentale. En outre, il arrive que les trafiquants donnent des drogues aux jeunes en guise de salaire ou pour les garder calmes. Ces derniers sont alors plus enclins à devenir dépendants  de ces substances, les plongeant encore plus dans une spirale négative. Les traumatismes perdurent souvent sur le long terme et conduisent à de sérieux problèmes psychologiques. Les Nations Unies avancent que ces enfants souffrent régulièrement de dépression, d’anxiété et de stress post-traumatique.

Les conséquences du trafic se font également ressentir jusqu’aux communautés locales. En plus de briser des familles, l’exploitation des enfants les empêche de continuer leur scolarité et les met donc à la rue sans qualifications. Ceci impacte la communauté locale puisque les jeunes, n’ayant aucun diplôme en poche, ne seront pas en mesure de participer activement au développement local. En outre, les victimes ayant travaillé dans la prostitution ont plus de chance d’avoir contracté le VIH et donc plus de chance de le transmettre une fois de retour. Une étude de 2007 montre, en effet, que 38% des filles et femmes népalaises ayant exercé comme prostituées sont porteuses du virus. Les chiffres sont encore plus alarmants pour les jeunes filles ayant été forcées à se prostituer avant 14 ans : 60,6% d’entre elles sont positives au dépistage du VIH !

Les actions prises par le gouvernement

Le pays a pris des mesures afin d’essayer de limiter le problème du trafic d’enfants. À titre d’exemple, l’article 29 de la constitution népalaise interdit le trafic d’êtres humains, l’esclavage et les travaux y étant liés. L’article 22, quant à lui, stipule que les enfants ne peuvent pas être employés dans des industries, des mines ou tout autre travail dangereux mais doivent être libérés de toute forme d’exploitation. Cependant, la législation népalaise n’est pas du tout complète et laisse la porte ouverte aux abus. Par exemple, elle ne criminalise pas le recrutement, le transport, l’hébergement ou la réception des enfants destinés au trafic. Des avancées de la part des politiques sont donc largement nécessaires mais difficiles quand on sait que certains d’entre eux sont complices…

Le travail des ONG sur place

Certaines ONG se sont spécialisées dans le combat contre le trafic d’enfants au Népal. Néanmoins, beaucoup d’entre elles se concentrent sur le sauvetage et la réhabilitation des enfants victimes de ces pratiques. Mais peu de mesures de prévention et de conscientisation sont prises avant que le problème n’arrive… C’est pourquoi des mesures internationales ont été proposées et promeuvent des solutions comme une éducation jusqu’à la majorité ou le dialogue avec les familles. Malheureusement, le nombre de ces actions est bien trop faible pour éradiquer le problème et énormément de progrès sont donc encore à accomplir.

Les recommandations faites au Népal

Un rapport de 2013 du département d’état américain conclue que les structures anti-trafic ne sont pas pleinement efficaces et que les victimes ne reçoivent pas assez de soutien du gouvernement. Ce même rapport stipule que les bars, les restaurants et les salons de massage facilitant le trafic sexuel sont en fait codétenus par des gradés de la police ou de l’armée. Des mesures doivent être prises pour lutter contre de telles pratiques ainsi que faire cesser ces agents népalais complices.

L’ONG « Childreach international » recommande au gouvernement népalais de :

  • Améliorer les relations frontalières avec l’Inde afin de s’assurer qu’aucun enfant victime de trafic ne passe. Pour l’instant, la coopération entre ces deux pays reste non-officielle et rien n’a été ajouté à la législation népalaise.
  • Ratifier la convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale.
  • Créer une définition claire du trafic pouvant s’appliquer à toutes les formes d’exploitation humaines.
  • Passer la majorité de 16 ans à 18 ans.
  • Mettre en place des tribunaux spécialisés et former des juges, policiers et officiers du gouvernement à ce genre de délits.
  • Protéger les victimes souhaitant témoigner.
  • Ne pas punir les victimes impliquées dans la prostitution ou la falsification de documents et les transférer dans un service de protection de témoins.
  • Prévoir des programmes de réhabilitation pour les victimes.
  • Renforcer la loi contre les officiers gouvernementaux impliqués dans des trafics.
  • Surveiller les agences de recrutement frauduleuses.
  • Communiquer sur la prostitution d’enfants afin que la population comprenne qu’ils ont été forcés et que ceux-ci ne soient plus stigmatiser lorsqu’ils rentrent chez eux.

Notre position

Chez Bajura, nous sommes conscients que l’avenir du Népal dépend en grande partie de la capacité de ses enfants et adolescents à recevoir une éducation de qualité. Comme mentionné dans les règles du commerce équitable que nous respectons, aucun enfant n’est ou ne sera admis à travailler de quelque façon que ce soit pour nous. De plus, aucune des associations népalaises que nous soutenons ne fonctionne avec des pratiques d’exploitation. Nous avons nous-mêmes été volontaires et connaissons personnellement les responsables des projets recevant notre aide.

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