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Le trafic d’enfants au Népal (partie 1)

Le trafic d’enfants au Népal (partie 1)

Hier, nous étions le 20 novembre : journée internationale des droits de l’enfant. Si dans notre partie du monde, les conditions se sont nettement améliorées, il n’en est pas de même partout… Dans cet article, le premier d’une série de deux, nous allons nous concentrer sur les causes du trafic d’enfants au Népal. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’exploitation humaine y est énorme…

Le trafic d’enfants est un crime organisé et est la troisième industrie criminelle au monde ! On estime à 1,2 millions le nombre de nouveaux petits bouts victimes de ces pratiques chaque année. Parmi ceux-ci, 43% seront destinés à la prostitution, 32% pour servir et 25% pour un mélange des deux. Les filles sont les plus vulnérables sur ce marché, notamment en raison du commerce sexuel, et représentent plus de 66% des victimes.

À l’heure actuelle, on compte 250 millions d’enfants victimes de ces traitements, dont 60% proviennent d’Asie. Ces pratiques sont très complexes et impliquent un grand nombre d’acteurs comme des chauffeurs de bus, des agents d’immigration, des gardes de frontières ou des hôteliers pour ne citer qu’eux.

Qu’est-ce que le trafic d’enfants ?

Dans sa définition, le trafic est considéré comme tout mouvement d’enfants d’un endroit à un autre, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur du pays, par une personne ou un groupe usant de sa position pour les exploiter.

Selon les Nations Unies, un enfant est toute personne de moins de 18 ans soumise à la loi relative aux enfants. Le trafic de ces jeunes est une violation majeure des droits de l’homme en les privant de plusieurs libertés notamment celle d’avoir une identité, une éducation ou d’être libre de tout traitement affligeant.

Le trafic d’enfants au Népal

Le Népal est considéré comme un pays d’origine et de transit des enfants exploités, au même titre que l’Inde. Les enfants y sont soit envoyés vers des régions plus urbaines comme Kathmandu soit vers d’autres pays d’Asie et du Moyen-Orient.

Actuellement, 2,6 millions d’enfants travaillent pour survivre au Népal dont 40% dans des conditions dangereuses. Et le problème n’est malheureusement pas prêt de s’arrêter puisque 12 000 nouveaux enfants font l’objet de trafic chaque année…

Dans la majorité des cas, les enfants sont envoyés pour travailler dans la prostitution. Les chiffres sont alarmants : entre 16% et 33% des femmes prostituées au Népal sont en fait des filles de moins de 18 ans ! Et ceux en-dehors des frontières népalaises n’ont rien de plus optimiste : environ 200 000 filles travaillent dans des maisons de prostitution en Inde, dont 20% ont moins de 16 ans… Hormis la prostitution, les filles se voient souvent confier des travaux de servante domestique, de travailleuse en usine ou de mendiante. Les garçons, quant à eux, sont principalement envoyés pour travailler dans les fours à briques, dans des usines de métal, dans le textile ou dans les mines. Il est également commun de voir des filles népalaises se marier de force à des Indiens, sans que rien ne puisse être fait…

En plus de devoir affronter la séparation avec la famille et d’être traités de façon inhumaine, les enfants se retrouvent très souvent encore plus pris au piège une fois sur place. Là, toutes les promesses d’une vie meilleure et d’un travail décent s’envolent. Ils se voient retirer leur passeport, ne peuvent pas quitter leur endroit, ne reçoivent pas leur salaire, n’ont pas assez à manger, sont abusés sexuellement, et bien d’autres encore…

Les causes du trafic d’enfants au Népal

Le trafic d’enfants au Népal ne peut souvent être expliqué par un seul facteur. Plutôt, c’est un mélange de facteurs sociaux, économiques, culturels et familiaux rendant les enfants beaucoup plus vulnérables que dans d’autres pays. Tentons d’y voir plus clair.

Le sous-développement du pays

Premièrement, le Népal est un pays encore peu développé présentant de nombreux réseaux informels. Ces réseaux facilitent grandement l’exploitation des enfants puisqu’y sont impliqués des officiers locaux, des membres de la communauté, des agents de douane et même la famille de l’enfant.

En outre de ces réseaux informels, les certificats de naissance sont rares au Népal. On estime qu’environ 65% des enfants népalais de moins de 5 ans n’apparaissent dans aucun fichier. Beaucoup viennent donc au monde sans apparaitre dans les registres nationaux ce qui, en plus de violer leurs droits humains, facilite le travail des trafiquants étant donné que les enfants n’ont ni nom ni nationalité les définissant. Il devient alors extrêmement ardu de protéger les enfants envoyés dans un autre pays, leur pays d’origine et leur famille ne pouvant être retracés. Ajoutez à cela la complicité de certains officiels et vous comprenez que le trafic d’enfants est un problème difficile à combattre…

Troisièmement, le trafic des enfants est renforcé par le manque d’éducation et d’opportunités professionnelles pour les locaux. Les familles pauvres n’ont d’autre choix que de déscolariser leurs enfants et les faire travailler. Ceci est un cercle très néfaste puisque les enfants ne recevant plus d’éducation ne seront pas qualifiés et ne trouveront pas d’emploi  bien rémunéré dans le futur.  Il y aura donc un nouveau risque qu’ils répètent le même schéma et ainsi de suite, alimentant un cercle vicieux.

Une quatrième cause est la pauvreté extrêmement répandue dans ce pays avec plus de 25% de la population vivant sous le seuil de pauvreté népalais. Les dettes sont également assez importantes pour certaines familles qui n’ont d’autre choix que d’emprunter pour survivre tout en espérant un meilleur avenir pour pouvoir rembourser. Cette condition économique peut pousser les familles à se séparer et à laisser partir un de leur membre, un parent ou un enfant… Il est pourtant difficile de blâmer les parents puisque ceux-ci sont très souvent trompés et croient que leurs enfants auront un bon travail leur permettant de manger à leur faim et de jouir de meilleures conditions de vie. La réalité est pourtant toute autre…

Des familles trompées

Comme mentionné dans le paragraphe précédent, les parents ne sont souvent pas au courant de ce qui attend leurs enfants. Les recruteurs qui viennent dans les villages promettent souvent des emplois parfaits et une meilleure vie. Bien entendu, ils gardent  sous silence les véritables raisons : prostitution, travaux manuels et domestiques pénibles et dégradants. Ce problème informationnel est très compliqué à résoudre puisque beaucoup de recruteurs font partie de la famille, sont des amis ou des partenaires des personnes exploitées. Les enfants et leurs familles croient donc qu’une migration vers des zones plus urbaines et mieux développées les aidera alors que cela ne fera que les enfoncer encore plus…

Un problème de discrimination

L’organisation culturelle du Népal constitue une autre raison du trafic. Dans ce pays règne une certaine discrimination entre les genres, les filles ayant moins d’opportunités de trouver une formation ou un travail décent. Ceci peut avoir comme conséquence de cataloguer les filles de la famille en les considérants comme un poids ne ramenant pas d’argent et dont il faut s’occuper. Les risques de violence domestique ou d’agressions sexuelles sont alors plus grands. Tout ceci explique en partie pourquoi les filles sont plus vulnérables au trafic, qu’elles y aient été forcées ou qu’elles aient pris « elles-mêmes » la décision. Une autre explication culturelle vient des minorités ethniques ou religieuses qui sont souvent moins bien protégées et donc plus enclines à faire l’objet de trafic.

La suite…

Dans notre prochain article, nous reviendrons sur ce problème de trafic d’enfant en y expliquant les conséquences et les actions prises au Népal.

À travers notre projet, nous désirons conscientiser un maximum sur les problèmes sociétaux actuels. Et force est de constater que les enfants sont très (trop) nombreux à être considérés comme de simples objets à caractère financier. Cela ne peut plus durer à notre époque ! Et comme le changement commence toujours par une prise de conscience…

À bon entendeur !

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