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Témoignage d’un voyage humanitaire au Népal

Où aller ? Pour y faire quoi ? Je vous avoue qu’au départ je ne connaissais que très peu le Népal hormis le terrible séisme qu’il a subi en 2015. Je ressentais néanmoins de l’intérêt pour cette culture qui semble bien différente de la nôtre en Europe et surtout pour les montagnes, qui sont l’un des symboles de ce pays. Aimant les enfants et désirant les aider, mon choix s’est tout naturellement fait : je pars à Kathmandu m’occuper des enfants de l’orphelinat HCC !

Mon arrivée fut assez compliquée… En effet, 6h de retard à l’aéroport du Bangladesh que je recommande très peu par la même occasion et donc un atterrissage en pleine nuit dans la capitale népalaise. Je ne connaissais rien sur le pays et personne n’était là pour m’attendre. Je vous avoue que le Népal, quand vous ne le connaissez pas, ça peut faire peur. Une minute après ma sortie de l’aéroport, déjà une dizaine de personnes m’accostent pour me demander de l’argent. Mais au final, tout s’est bien terminé.

Après plusieurs kilomètres enfilés par taxi, me voilà dans un petit orphelinat de 22 enfants se situant sur les hauteurs de Katmandou, à côté du Shivpurī National Park. La première chose qui m’a marqué est la notion de famille, très importante au quotidien. Dès les premiers jours, j’appelais les enfants frères ou sœurs et les tuteurs légaux papa et maman, ce qui crée un réel lien avec toute cette petite famille. J’ai également été directement surpris par l’éducation incroyable de ses enfants. Toujours polis, attentionnés, rigoureux ou encore généreux. Par exemple, nous avons organisé une activité « jeux olympiques » pour Noël et offert, à la fin, un cadeau pour chaque enfant. En les déballant, tous étaient heureux, sont venus nous remercier et par-dessus tout ont mis en commun tous les jouets pour les partager entre eux. Incroyable expérience que de voir de si petits bouts partager la seule chose qu’ils détiennent réellement… En terme de générosité, nous pouvons aussi évoquer le fait que le père nous ait toujours dit qu’il y aurait un logement et de la nourriture lorsqu’on reviendrait ; quoiqu’il advienne. Ces gens sont totalement dans le partage et l’entraide : les plus grands aident les plus petits, etc.

Les Népalais sont heureux, toujours contents et souriants alors qu’ils n’ont rien. C’est là qu’on comprend que se contenter de peu est un réel bonheur en soi… Pour illustrer cela, on peut penser au Dal Bat, plat traditionnel que les Népalais mangent matin et soir. Dans notre région du monde, habituée au choix et à l’abondance, qui accepterait de manger la même chose matin et soir, jour après jour ? Ici, personne ne s’en plaint, tout le monde étant déjà très heureux d’avoir quelque chose dans son assiette… Nous avons donc accompagné ces enfants pendant trois mois dans leur quotidien tout en essayant d’améliorer un peu leurs conditions. Nous avons notamment fait une collecte de 2000 euros pour construire une douche avec de l’eau chaude, avons créé un site internet pour plus de visibilité (notamment pour trouver de nouveaux volontaires) et avons rédigé une fiche de missions pour les futurs bénévoles qui manquent d’informations.

association hcc

Je voudrais maintenant aborder un autre point qui me tient particulièrement à cœur. Certes, mon expérience dans le pays de Bouddha a eu beaucoup d’aspects positifs, mais il y a un point que j’aimerais particulièrement dénoncer tant il impacte négativement le volontariat au Népal : l’humanitaire business.

De nos jours, certaines personnes payent 2000 euros ou plus pour un voyage d’un mois comprenant, par exemple, un trek et deux semaines dans un orphelinat. Lorsqu’on recherche sur Google, les premiers organismes humanitaires qui apparaissent sont ceux proposant ces formules. Beaucoup de gens passent alors par ces intermédiaires, malgré un manque évident de transparence. Le problème est que ces initiatives n’ont pas l’impact promis. Très souvent, l’argent donné par les volontaires n’arrive pas jusqu’à l’association mais reste bloqué dans les poches de certains profiteurs. De plus, ces offres « tout en un » ne peuvent pas réellement aider sur place… Comment peut-on apporter son aide de manière efficace à un projet en n’y restant que quelques jours ? L’adaptation à la culture népalaise à peine faite, il est déjà temps de partir…

Si je prends l’exemple de l’orphelinat HCC, nous recevions régulièrement des volontaires pour une durée de deux semaines. Ceux-ci payaient très souvent une fortune pour arriver jusqu’ici… Mais, au fil du temps et en communiquant avec la famille, nous nous sommes vite rendus compte qu’aucun argent n’allait à l’orphelinat. La famille gérant l’orphelinat avait donc de nouvelles bouches à nourrir sans recevoir un centime de la part des intermédiaires qui, de leur côté, ne se privaient pas. Le fait de ne pas rester assez longtemps dans le projet peut également avoir des conséquences sur les enfants. Il est notamment courant de voir des bénévoles exhiber leur dernière technologie et faire rêver les enfants sur des choses qu’ils n’auront très probablement jamais de leur vie. Bien intentionnés, les volontaires ne se rendent pourtant pas compte qu’ils font plus de mal que de bien.

Bien entendu, ce problème d’humanitaire business existe dans bon nombre de secteurs, dont celui des orphelinats. L’extrême pauvreté et le manque d’éducation en sont deux éléments majeurs. Très souvent, des personnes promettent de s’occuper d’enfants issus de familles pauvres et de leur offrir un meilleur avenir. Désireux d’une vie plus facile pour leur progéniture, les parents font alors confiance et confient leurs bambins. Mais la réalité est tout autre… La seule intention de ses trafiquants est de rassembler un maximum d’enfants à un même endroit afin d’attirer plus de touristes et pouvoir se remplir les poches. Et une fois sur place, ces enfants peuvent alors être victimes de maltraitance ou de chantage.

Mon objectif n’est bien entendu pas de généraliser ou de prendre des faits isolés pour des vérités absolues. Cependant, il y a dans ce monde des réalités auxquelles peu de personnes accordent réellement d’importance, bien qu’étant totalement intolérables. L’humanitaire business en est une…

Comment (2)

  • quentin

    Très intéressant, merci pour le retour d’expérience !

  • Alex42

    Toppppp!

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